samedi 1 septembre 2007

Vieilles Charrues 2007 : journal de terrain

Cet article présentes quelques observations descriptives et non analytiques ou interprétatives, principalement réalisées à partir de photographies. Il fait état de données collectées lors d’une enquête réalisée sur le terrain du Festival des Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère) du 18 au 21 juillet 2007 par Damien Malinas, maître de conférences et Raphaël Roth, doctorant, membres du Laboratoire Culture et Communication de l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse. Il s’agit d’un document de travail. À ce titre y est présenté un extrait de mon journal de terrain.
Le journal est présenté de la manière suivante : Titre - Lieu - Date, heure

Mercredi 18/07/2007 – Voyage et arrivée à Carhaix

Festivalier ? TGV Paris Guingamp 18/07/2007 18h21

Nous avons rencontré ce jeune homme lors du retour à nos places après un passage au wagon-bar, il était accompagné d’une jeune fille. Nous lui faisons gentiment remarquer que cette place nous est réservée. Il tente de négocier en expliquant que lui aussi s’est fait prendre sa place. Nous lui proposons de tenter de reprendre sa place. Il fait une remarque sympathique et complice sur le journal que nous avions laissé à notre place et qu’il était en train de lire (Canard enchaîné). A ce moment du voyage, nous nous disons qu’il est peut-être le premier festivalier que nous croisons.
Arrivé à Guingamp, il ne prendra pas le train pour Carhaix. Il n’est probablement pas en route pour les Vieilles Charrues.

Je me pose la question : à quoi reconnaît-on un festivalier des Vieilles Charrues ?

Premiers festivaliers, Gare de Guingamp, 18/07/2007, 18h29
Arrivée à Guingamp, nous n’avons qu’à traverser une voie pour passer du TGV Paris Guingamp au TER qui nous mène à Carhaix. Les premiers festivaliers reconnaissables à leurs sacs lourdement remplis sont là. Satisfaction, nous entrons dans l’ «ambiance ».
Dans le TER Guingamp Carhaix de 18h12 nous commençons notre observation. 25 personnes environ sont présentes dans le wagon que nous occupons. Le train est composé de 2 wagons. Sur ces 25 voyageurs, une dizaine sont de sexe féminin. Une dame d’une cinquantaine d’années, la seule habituée du voyage, ne semble pas dérangée par les festivaliers.
5 groupes de discutant. 8 voyageurs seuls.
Un homme d’une trentaine d’années boit sa deuxième cannette de 50 cl de bière : Heineken et 8.6, la bière de la « défonce » me dis-je.
Les autres voyageurs sont relativement jeunes (moins de 25 ans).

Accueil, Gare de Guingamp, dans le train pour Carhaix, 18/07/2007, 18h42
Je suis frappé par la sympathie et l’air enjoué du contrôleur qui est par ailleurs très arrangeant (il accorde son billet à un voyageur qui n’a pas toute la monnaie). Il souhaite « Bon festival » à chacun des voyageurs en contrôlant les billets.
L’accueil des festivaliers commence ici, à plus de 50 km de Carhaix.

Arrivée à Carhaix 1, Gare de Carhaix, 18/07/2007, 19h41
L’arrivée à Carhaix est calme, nous ne sommes pas nombreux en gare à moins de 24 heures du Festival.
Les premières protections contre la pluie font leur apparition. La pluie commence à tomber.
(...)
La pluie tombe.
Nous nous repérons facilement. La signalétique (en français et en breton) nous indique quelle direction prendre pour rejoindre le site du Festival.

Esthétique du poncho 1, Sous le pont de chemin de fer, vers le site du Festival, 18/07/2007, 19h48
La pluie redouble d’intensité, nous trouvons refuge sous un pont de chemin de fer. Nous y sommes accueillis par des festivaliers qui tentent également d’échapper à la pluie. Les voitures nous arrosent en passant un peu trop prêt des trottoirs.
Tous les festivaliers ici présents sont équipés de protections contre la pluie
(...) Nous n’avons pas hésité trop longtemps avant d’enfiler nos ponchos.
« De toute façon, tout le monde se ressemble » nous disons-nous, décomplexés.
Nous commençons à parler d’esthétique du poncho, d’uniforme.
(...) Deux femmes tentent de s’abriter, nous les rejoignons en pensant qu’il y aura plus de place sur ce trottoir. C’est le cas mais il y a aussi plus de chance de se faire arroser par les voitures.
Elles portent chacune un poncho. La pluie ne cesse de tomber. Elles rient de cette situation. La nuit va tomber. La tente n’est pas encore montée. Nous ne savons pas où nous allons dormir.
Nous hésitons entre faire demi-tour en pleurant ou foncer droit devant. Nous prenons la mesure du dépaysement. (15° de moins qu’à Avignon, beaucoup de pluie).

Site des Vieilles Charrues 1, Sur le site du Festival, vers le camping bénévoles, 18/07/2007, 21h03
Arrivée sur le site après une accalmie. La terre est inondée, nous marchons d’un pas prudent dans la boue à la recherche de l’ « espace presse » pour y retirer nos accréditations puis nous rendre au camping bénévole.
(...) Un espace gigantesque et inhabité pour le moment.
(...) Après avoir monté la tente, nous nous rendons en ville pour dîner. Il est 22h30, le restaurant vietnamien nous dit qu’il est trop tard, la pizzeria bretonne nous ferme littéralement la porte au nez (à l’intérieur l’apéro est servi). Le bar diffuse un concert, beaucoup y boivent des bières. Nous trouvons refuge dans un kebab. Un journal (Ouest France) propose en 4ème de couverture des dessins du festival des Vieilles Charrues.

Jeudi 19/07/2007 – Premier jour de festival.

Banderole, Le 19/07/2007 à 10h18 du site du Festival vers le centre ville et Tu veux bien porter mon sac ?

Banderole située des deux côtés de la voie de chemin de fer : « Amis festivaliers visitez le marché du Kreiz Breizh au centre ville de 10h00 à 16h00 samedi et dimanche. produits du terroir, restauration, artisanat … » Après le pont, nous sommes interpellés par deux festivalières d’environ 16 ans (l’une d’entre elles porte un appareil dentaire) qui arrivent de la gare avec leurs sacs à dos manifestement trop lourds pour elles. Elles hésitent puis elles nous demandent si on veut bien les aider à porter leur sac jusqu’au site du Festival. Nous leur répondons gentiment que ce n’est pas notre direction et qu’elles sont bientôt arrivées à destination.

Deux couples de festivaliers à la terrasse d’un café, le 19/07/2007 à 11h11 et Office de tourisme

Nous prenons notre petit déjeuner à la terrasse d’un Bar Pmu, endroit que l’on trouve pratique pour satisfaire nos besoins physiologiques (manger, boire, …) en centre ville. Je me dis que dans des conditions « hostiles » dans lesquels nous sommes, l’endroit est rassurant puisque plus familier que la boue des champs. Je me demande d’abord si nos voisins sont festivaliers. Ils nous observent et observent les autres passants. Il s’agit de deux couples d’environ 25-30 ans. Ils parlent du festival. L’une des jeunes filles donne rendez-vous à quelqu’un par téléphone sur le site du camping où ils sont installés « à côté du Festival ». Un jeune homme dit : « l’association des Vieilles Charrues à reversé plus de 600 000 euros à la ville pour agrandir … » je n’ai pas entendu la suite. Je leur demande si je peux leur emprunter le programme qui est sur leur table. L’une des jeunes filles me propose de le garder, ils en ont d’autres et je lui demande à quel endroit ils se les sont procurés. « A l’office du tourisme » me répond l’un des deux hommes avant de m’indiquer son emplacement : « au bout de la rue, à droite ». Nous nous y rendons. Deux personnes en sortent. Nous demandons le programme des Vieilles Charrues : « nous n’en avons plus, on sera livré à midi ». Nous demandons si l’office du tourisme est ouvert entre 12h et 14h. Hésitation entre les employées puis l’une d’entre elles, probablement la responsable dit, avec le sourire: « oh non, pas avant 14h00 ».

Les stands de la presse locale et régionale, le 19/07/2007 à 12h17
Les stands : Ouest France et le Télégramme.
Pour 2,50 euros on peut acheter le journal du jour et, au choix, une casquette ou un bob ou une affiche Vieilles Charrues, un drapeau breton, une boite de pâté Enaf. Le t-shirt des Vieilles Charrues est à 6 euros.
Les jeunes filles qui tiennent les stands sont souriantes et entreprenantes : « Les filles du Télégramme sont les plus belles » dit l’une d’entre elles.
Des bénévoles de AIDS sollicitent l’attention des passants.

Panneau d’informations de la ville de Carhaix, le 19/07/2007 à 12h28, Entre le centre ville et le site du festival, non loin de la gare.
Plusieurs types d’informations :
A destination des festivaliers : « Bienvenue à Carhaix-Plouguer », « le marché du Kreiz Breizh »
A destination des habitants de Carhaix :
« Vieilles Charrues 2007. Un numéro vert pour les riverains 0800 446 445. Un agent de sécurité répondra à vos questions ».
+ d’autres informations en français et en breton.

Sur le site du Festival : la scène Kérouac et la boutique du Festival, le 19/07/2007 à 12h52
Vue depuis l’entrée des festivaliers.
La scène Kérouac (au fond) est l’une des deux principales scènes (avec la scène Glenmor).

Le camping des bénévoles, le 19/07/2007 à 13h31
Surveillé jour et nuit, il est uniquement accessible avec le bracelet Laboureurs, remis à tous les bénévoles ainsi qu’aux médias ou aux professionnels qui, comme nous, souhaitent y camper.
Environ 6000 bénévoles sont présents sur le festival des Vieilles Charrues.
Le camping bénévoles offre une dizaine de douches chaudes, autant de toilettes mixtes et des points d’eau extérieurs.

(à suivre)

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